Translation in English

 
        Chez Schumann, la vocation première est la poésie. Ne pas s'en souvenir, condamnerait l'auditeur à une incompréhension partielle de son œuvre.


        Il ne vint à la composition que lorsqu'il s'aperçut que les sons représentait pour lui, le moyen d'extérioriser sa créativité, plus puissamment que le verbe.
        Alors que chez Chopin, la musique représente l'essence même de son existence et chez Liszt, un moyen d'exprimer son incomparable virtuosité, avec Schumann il en va tout autrement. Son œuvre musicale se substitue à l'œuvre littéraire qu'il n'a pas écrite.
        Toute sa vie oscille entre musique et littérature. Schumann n'est pas né compositeur. Il est tout d'abord poète. Sa passion musicale, le pousse néanmoins vers l'étude du piano en tant qu'interprète. Sans cet accident, qui pour le piano, le privera de l'usage de la main droite, Schumann serait-il devenu ce compositeur de génie ?


        Enfin, pour conclure cette courte introduction sur les compositions pour
piano de Schumann, j'ajouterai que contrairement à Chopin ou à Liszt, il ne
trouve pas l'inspiration dans les nouvelles possibilités techniques du piano moderne. Il n'utilise que rarement les registres extrêmes de l'instrument.
Son originalité se situe dans la complexité polyphonique et rythmique.
        Moins précoce que ses ainés, Schumann trouvera d'emblée son langage et
son vocabulaire. Ses variations ABEGG op 1, ont été composées à l'âge de vingt ans. Elles sont déjà révélatrices de la manière du compositeur.
        En moins de dix années, soit de 1830 à 1840, de l'opus 1 à 26, Schumann, hors exceptions près, nous aura livré l'essentiel de son message, confié au piano en de courtes séquences presque toutes conduites par un fil conducteur d'essence symbolique ou poétique.


        La découverte de son amour pour Clara et son attente contrariée, le portera tout naturellement vers le piano auquel il devra renoncer en tant qu'acteur, mais
qui symbolise en la personne de Clara, l'amante et la reine de cet instrument à laquelle il donnera la plus merveilleuse preuve d'amour et d'admiration.
        Nous nous contenterons, dans un premier temps, d' énumérer l'essentiel des pièces pour piano qui, comme pour Frédéric Chopin, mais de manière moins exclusive, représentent les plus beaux fleurons de ce florilège du romantisme.
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Variations Abegg op 1 , Papillons op2, Toccata op 7 1830 .
Études symphoniques op.13, 1834
Carnaval op 9 1835
Fantaisie op. 17 (qui se distingue par ses dimensions et une présentation plus abstraite) 1836
Davidsbündlertänze op. 6, Fantaisiestücke op. 12 1837
Scènes d'enfants op.15 Kreisleirianas op.16 1838
Novelettes op. 21, 1838
Carnaval de Vienne op. 26