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Translation in English

 

Les funérailles, très simples, eurent lieu le 31 juillet 1856. Brahms précédait Joachim et Dietrich. Il avait dans les bras une couronne de lauriers. 

Ferdinand Hiller rend compte de la cérémonie dans la Neue Zeïtschrift für Musik.

 

"Hier soir, nous avons conduit Schumann à sa dernière demeure. Le modeste cercueil, orné d'une simple couronne de laurier, était porté par les jeunes chanteurs de la Concordia. Joachim, Brahms et Dietrich, ses amis intimes, marchaient les premiers... "

 Au cimetière, Clara se tenait en retrait. Brahms posa la couronne de la veuve sur le cercueil. Le pasteur Wiesemann et Ferdinand Hiller prononcèrent quelques mots. Un cercle se forma autour de la fosse ouverte. Puis on entendit la chorale dirigée par Hiller, et le cercueil fut descendu, pendant que les amis jetaient l'un après l'autre la pelleté de terre, ou quelques fleurs.

Brahms se tenait au bord de la fosse.

 "Sur le lieu de repos choisi par la Ville de Bonn, sont planté cinq jeunes platanes. L'ombrage que plus tard ils répandront sur ta tombe, sont l'image du rayonnement 
qu'un jour connaîtront tes créations.
Et maintenant, maître vénéré, repose en paix si le repos est accordé 
aux esprits immortels..."


(
D'après Ferdinand Hiller Gazette de Cologne, 1er Août 1856 )


 

 La tombe de Schumann

 


Le lendemain, tous les amis reconduisirent Clara à Düsseldorf. Puis le petit cercle Schumannien se sépara. Le 2 août, Joachim écrit à Liszt:

" Frau Schumann est rentrée hier; la présence des enfants et de Brahms, que Schumann aimait comme un fils, soutient cette noble femme qui me semble, dans son profond chagrin avoir une force surhumaine."

Brahms, resta encore quelques jours auprès de Clara. L'état de santé dans lequel se trouvait Clara, tous les chocs qu'elle avait subit depuis des mois, nécessitait un repos bien mérité. Brahms emmena Clara et les enfants quelques jours en Suisse à Gersau sur les bords du lac des Quatre-Cantons. A la fin de ces vacances, chacun reprit son travail, et Clara repartit en tournée. Désormais, elle aurait la lourde tache de subvenir seule, au besoin de ses six enfants.   

 
 
 Clara vers la fin de sa vie. 

 "Comme il s'éloigne pourtant le jour où j'ai perdu l'être le plus tendrement chéri.
Comment peut-t-on surmonter une telle perte et vivre si longtemps sans celui qui fut tout..."


( courrier du 29 juillet 1894)


Dans la biographie consacrée à son père, Eugénie nous dévoile le destin difficile de sa mère, toute dévouée à élever ses enfants.

"Jusqu'au 20 Mai 1896, la femme de Schumann vécut comme elle le promettait quarante plus tôt, pour la mémoire de Robert et pour ses enfants. C'est ainsi que m'apparaissent 
la vie et la mort de mon père, c'est ainsi que me les ont chantées les esprits."